Un nouveau procédé
de rétention d'eau en milieu agricole est désormais
disponible au Maroc. Et c'est la société
Acoram, positionnée depuis 1999 dans la protection
de l'environnement, qui le commercialise sous le label
Aquaeco.
La première livraison est prévue pour aujourd'hui.
Elle sera écoulée dans les grandes surfaces
à un prix de 400 DH le kilogramme. «Aquaeco
est une nouvelle technologie qui inverse le processus
de dégradation des sols, de préservation
des ressources en eau avec plus de 85% mis à
la disposition du végétal», explique
Saber Cherif Kanouni, directeur général
d'Acoram.
Ce jeune entrepreneur -à
qui on rattache déjà l'introduction de
l'économiseur d'eau au Maroc- a déniché,
en effet, à travers les milliers de emails qu'il
envoie aux quatre coins du monde, un nouveau concept
permettant la rétention d'eau.
Le procédé existe depuis déjà
vingt ans mais ce n'est que dernièrement que
les résultats se sont avérés concluants.
Tel que le définissent
ces inventeurs d'origine franco- allemande, Aquaeco
est un «hydro rétenteur fertilisant doté
d'une très grande capacité d'optimalisation
des besoins et de développement. La membrane
polymérique du produit est semi-perméable
et permet une très rapide absorption des liquides,
libérés lentement en très petites
quantités selon la situation locale (température,
évaporation et type végétal)».
En clair, un tel procédé
permet de lutter contre la désertification. Il
restaure les équilibres écologiques. Schématiquement,
un tel procédé économise au minimum,
50% de l'eau car sa paroi semi-perméable lui
permet d'absorber 160 à 500 fois son poids sec
initial. Cette graine «miraculeuse» permet
à la plante d'extraire jusqu'à 85% de
l'eau contenue dans ses parois selon le niveau ou le
rythme de ses besoins dans le temps. Ses qualités
intrinsèques réduisent les pertes d'eau
par évaporation et percolation.
Les 85% sont à la disposition
du végétal. En matière de protection
de l'environnement, cette substance a été
qualifiée, par les scientifiques qui se sont
penchés sur ses bienfaits, comme étant
«un produit qui limite également le lessivage
des engrais et la pollution en surface». Ses auteurs
garantissent avec l'utilisation de ce nouveau procédé
une diminution des effets néfastes de la salinité
ou de l'insalubrité des eaux usées utilisées
pour l'irrigation.
Bref, les bénéfices
cités par les inventeurs franco-allemands du
concept convergent essentiellement dans l'optimisation
de la gestion des ressources en eau douce. Plusieurs
tests effectués dans des milieux arides, à
Dubaï, ou encore en Espagne, ont permis de faire
des économies d'eau importantes. Et c'est sur
des terrains de golf que l'utilisation du procédé
a permis de réaliser des économies comprises
entre 6.000 et 20.000 DH/ha/an d'arrosage.
Sur le golf de Vaudreuil France,
précisément «la pousse du gazon
a été fulgurante par rapport à
la pousse normale». La profondeur d'enracinement
nous a permis de jouer exceptionnellement dessus 45
jours après, soit un gain d'environ 6 mois dans
l'utilisation de ce nouveau départ. A ce jour,
ce départ a un développement et une tenue
parfaite.
Il nous est habituel d'espacer
de 15 jours les apports en eau durant les périodes
d'été», attestent ceux qui ont bénéficié
du produit miracle. Au-delà, en Espagne, sur
des terrains où le gazon ne pouvait même
pas pousser, l'association de cette substance a permis
de faire pousser l'herbe en quelques semaines ! Ce sont,
en fait, des composants naturels à base d'algues
qui ont permis l'amélioration de la technologie
dont les résultats ont été controversés
dans le temps à cause d'une association chimique
qui détruisait, à terme, les plantes.
Finalement, une telle technologie
devrait gagner les sols et les terres compte tenu des
enjeux. Ils sont d'ailleurs réels. Selon, en
effet, les chiffres de la Banque mondiale, «la
pénurie d'eau et non pas le manque de terre,
comme on pouvait le penser, constituera, dans les années
à venir, la principale contrainte pesant sur
l'agriculture sachant que 70% de toute l'eau annuelle
mondiale va à l'irrigation qui produit entre
30 et 40% des récoltes mondiales sur 17% de la
totalité des terres arables». Les constats
à l'échelle planétaire sont édifiants.
Un tiers de la Terre est couvert par les zones arides.
Un sixième des terres
émergées est touché par la dégradation
et la déforestation. 30% des terres sont touchées
par la désertification. 1,5 milliard de personnes
n'ont pas accès à l'eau potable. 3 milliards
d'individus ne disposent pas de réseaux d'assainissement.
20% des vertébrés et des arbres sont menacés
d'extinction. Le sort de 1,5 million d'espèces
végétales et animales identifiées
à ce jour sur 5 à 15 millions supposées
est également entre les mains des gestionnaires
de l'eau. A cette réalité s'ajoutent les
aléas climatiques qui ne sont pas là pour
arranger les choses.
Les effets de serre, les changements
climatiques, le réchauffement de la Terre, la
dégradation et la désertification des
sols, la surexploitation des forêts, la pollution
de l'air, des eaux, la raréfaction des ressources
fossiles et d'eau douce et enfin le trou d'ozone sont
autant de signes pour que tous les peuples réunis
tirent la sonnette d'alarme.
Le Maroc, pays semi aride, est
plus que concerné par la problématique
de l'eau.
La dernière campagne de sensibilisation pour
la protection de l'environnement signe, certes, une
certaine prise de conscience.
Reste à savoir si l'Etat
devrait jouer un rôle pour démocratiser
un tel produit ou au contraire laisser libre choix aux
exploitants agricoles. Cette équation devra être
résolue rapidement pour évaluer l'impact
sur le budget de l'Etat. Auquel cas, un produit d'une
portée nationale voire mondiale sera réduit
à être commercialisé tel un paquet
de café ou de corn flakes dans une des grandes
surfaces de la place.
Dounia Essabban | LE MATIN (ed.
electronique du 7/3/2006) |